"D'aussi loin que
je me souvienne,
je n'appartenais
pas tout-à-fait au
monde qu'on me décrivait..."
"D'aussi loin que je me souvienne,
je n'appartenais pas tout à fait au monde qu'on me décrivait..."

La musique
Particulièrement sensible et solitaire, j’ai grandi en décalage.
Pas un décalage social — un décalage de perception. Je captais trop, trop vite, trop fort.
Alors je me suis construit un refuge : l’intérieur. Là, tout était plus lisible.
La musique m’a trouvé avant que je la cherche, comme si elle connaissait déjà l’adresse. À 17 ans, je suis sur scène à Lille. Et d’un coup, ça tient : le corps, la présence, le regard des autres. Quelque chose s’allume que rien, jusque-là, n’avait réussi à allumer.
À 20 ans, j’intègre le cursus professionnel en Musiques Actuelles du CMA de Valenciennes. Là, je ne “joue” plus seulement : je comprends. Le son devient une discipline, une architecture, une vérité.
J’apprends à écouter vraiment — pas seulement la musique, mais ce qu’elle transporte. À arranger, à enregistrer, à chercher le point exact où une émotion cesse d’être floue et devient transmissible. Le son devient ma langue maternelle, parce qu’il ne demande pas de justification.
Puis il y a eu l’intermittence dans le sud de la France : dix ans à composer, arranger, enregistrer, vivre au rythme des studios et des dates. Et ensuite Paris — un camion, deux guitares, un ordinateur, une valise. Des concerts, des rencontres, des scènes, le théâtre. Des années pleines, denses, vivantes.
Mais sous tout ça, quelque chose ne se posait jamais vraiment. Un fond persistant, comme une note tenue trop longtemps. À la mort de mon père, tout bascule...

La bascule
Je quitte Paris pour la campagne normande. Seul.
Sur le moment, je n’avais pas les mots. Avec le recul, je sais que c’était une crise de milieu de vie au sens plein : pas une fatigue passagère, plutôt un effondrement de ce qui ne tenait plus. Une quête de sens qui ne pouvait plus être repoussée.
C’est là que commence un long chemin intérieur. Des thérapies, du travail psycho-corporel, du Shadow Work, des médecines ancestrales, des rites initiatiques. Pas pour “me réparer”, mais pour arrêter de fuir.
Je me forme à l’hypnose Ericksonienne à l’ARCHE, et je commence à pratiquer : j’apprends une manière d’entrer en relation avec l’inconscient qui respecte le rythme, le corps, et la vérité de chacun.
Fin 2018, une nouvelle épreuve.
Quinze mois dans le noir — ce que certains appellent la nuit noire de l’âme. Je touche le fond de mes propres blessures, sans échappatoire. Puis la lumière revient, progressivement. Et avec elle, la musique, que j’avais abandonnée.
En mars 2020, le confinement agit comme un révélateur : la question se pose clairement — qu’est-ce que je veux vraiment transmettre ?

Le cabinet
La réponse s’impose. Je me forme à la psychologie transpersonnelle, auprès de Magda Solé et Jaume Mestres de l’IPTB de Barcelone. Je m’installe à Jarcieu, en Isère, et j’ouvre mon cabinet. Tout ce que j’avais traversé prenait sens. Pas malgré tout ça. Grâce à tout ça.
Aujourd’hui, j’accompagne des personnes qui n’arrivent plus à faire semblant : rupture, deuil, perte de sens, crise identitaire. Beaucoup sont neuro-atypiques — HPI, HPS, profils TDAH, hypersensibles — et ont appris à “fonctionner” plutôt qu’à vivre.
Je sais ce que ça coûte. Je l’ai connu de l’intérieur.
Si vous sentez que c'est le moment — c'est probablement le moment.
