Vous avez arrêté. Plusieurs fois.
Peut-être pour quelques jours. Peut-être plusieurs mois. Et puis quelque chose a déclenché — un stress, une soirée, une période creuse, parfois même rien de particulier — et vous vous êtes retrouvé à recommencer.
Et très souvent, la première phrase que j’entends n’est pas “je fume” ou “je bois”. C’est : “J’ai un problème avec…”
Le mot change selon la personne. La posture, elle, est toujours la même : venir en pensant qu’on est le problème.
Ce n’est pas un échec de caractère. C’est une mécanique.
L’addiction n’est pas un problème de volonté. Ce serait plus simple si c’était le cas. Mais la volonté opère au niveau conscient, et l’addiction est câblée plus profond : dans les circuits de récompense, dans les réponses automatiques du système nerveux, dans des associations construites parfois depuis longtemps. On ne peut pas “décider” de défaire ce qui n’a jamais été décidé consciemment. Ce n'est pas un manque de volonté — c'est une question d'architecture. La pyramide de Maslow vue depuis la thérapie éclaire ce mécanisme.
Et surtout : avant le geste, il y a un moment très physique. Une montée. Une tension. Une accélération intérieure. Comme si le corps avait déjà choisi, et que la pensée arrivait après pour commenter.
CE QUE L'ADDICTION PROTÈGE
La plupart des comportements addictifs remplissent une fonction. Pas une “bonne” fonction — une fonction utile à un moment donné, qui a persisté au-delà de sa pertinence.
Parfois c’est simple : ça calme.
Ça coupe une vague d’angoisse. Ça anesthésie un vide. Ça donne un rythme quand tout s’effondre. Ça met une cloison entre vous et quelque chose de trop intense. Quand c'est l'angoisse qui alimente le circuit, le travail commence là — dans le système nerveux lui-même.
Ce n’est pas de la faiblesse. C’est une forme de survie. Le problème, c’est que la solution est devenue le problème.
Tant que la fonction sous-jacente n’est pas rencontrée autrement, l’arrêt crée un vide. Et le vide appelle le retour.
CE QUE L'HYPNOSE FAIT DIFFÉREMMENT
L’hypnose ericksonienne n’est pas une technique “d’arrêt” au sens où on viendrait coller une interdiction sur le comportement. Si on ne travaille que l’objet (cigarette, alcool, sucre, écran), on laisse souvent intact le besoin qui l’alimente — et le système trouve une autre porte.
Ce que l’hypnose permet, c’est d’aller là où le comportement a une logique. Pas une logique intellectuelle. Une logique nerveuse. L'état de transe lui-même joue un rôle dans ce processus — ce que la science dit de ces états modifiés.
À cet endroit, on peut repérer la fonction exacte : qu’est-ce que ça vous évite ? qu’est-ce que ça vous apporte ? qu’est-ce que ça empêche de monter ? Et surtout : on peut commencer à construire une autre voie, plus viable, pour répondre au besoin légitime derrière le réflexe.
La dépendance a une histoire. L’hypnose peut revenir à l’endroit où le circuit s’est installé — pas pour effacer, mais pour modifier l’association. Pour que le système nerveux commence à avoir d’autres options que le retour automatique à ce qu’il connaît.
CE QUE ÇA DEMANDE
Un travail sur les addictions n’est pas toujours une séance unique. C’est un processus — parfois court, parfois plus long selon la profondeur de l’ancrage et la nature de ce que le comportement protège.
Ce qui change la donne, ce n’est pas d’arriver avec la honte comme carburant. La honte fait parfois arrêter temporairement. Elle ne reconstruit pas. Ce qui tient dans la durée, c’est comprendre ce qu’on cherchait vraiment — et trouver un autre chemin pour y aller, un chemin que le corps accepte.
Si vous sentez la mécanique tourner sans vous, au cabinet à Jarcieu (Isère) ou en visio, le reste se travaille en séance : réserver une séance.

Marc Joliey
Hypnothérapeute et thérapeute transpersonnel à Jarcieu (38).
Séances en cabinet ou en visio.